Lancement officiel du Projet d’Appui au Fonds de Développement de l’Inclusion Financière (PAFDIF) et le Projet d’Approfondissement du Secteur privé et de l’Inclusion Financière (PASFIF) par le Ministre de l’Economie et des Finances.

Le Ministre de l’Economie et des Finances Monsieur Mamane Laouali Abdou Rafa a procédé, le 06 mai 2026, au lancement officiel du Projet d’Appui au Fonds de Développement de l’Inclusion Financière (PAFDIF) et le Projet d’Approfondissement du Secteur Privé et de l’Inclusion Financière (PASFIF). Il s’agit au cours de cette cérémonie de lancer ces deux projets structurants cofinancés respectivement par l’Etat du Niger, la BOAD et la BAD. L’objectif fondamental visé est de permettre aux populations exclues du système financier classique, notamment les femmes et les jeunes, d’accéder à des services financiers diversifiés, innovants, accessibles et de qualité.

La cérémonie s’est déroulée au Palais des Congrès de Niamey en présence du Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture Monsieur Sidi Mohamed Almahmoud, du Chef de la Mission résidente de la BOAD, du Responsable pays de la BAD, du Directeur National de la BCEAO, des Secrétaires Généraux du Ministère de l’Econome et des Finances, des représentants des partenaires techniques et financiers et de plusieurs invités.

Plusieurs allocutions ont marqué cette cérémonie à savoir : celle du Chef de mission résidente de la BOAD, celle du représentant résident de la BAD et enfin celle du Ministre de l’Economie et des Finance qui consacre le lancement officiel des deux projets. Il est également prévu à l’agenda de cet atelier de lancement, une présentation des projets FDIF et PASFIF avec l’analyse du contexte, les objectifs et composantes et le cadre programmatique et institutionnel national suivie des échanges.

Dans son mot introductif lors du lancement du Projet d’Approfondissement du Secteur privé et de l’Inclusion Financière, le Chef de la mission résidente de la BOAD a, au nom du Président de l’Institution, renouvelé ses remerciements et sa profonde gratitude aux autorités du Niger pour la constante sollicitude à l’endroit de la BOAD.

Il a rappelé que cette opération est en cohérence avec le Plan Djoliba de la BOAD pour la période 2026-2030 et est alignée avec le Programme de la Refondation de la République (PRR) 2025-2029 et la Stratégie Nationale de Finance Inclusive (SNFI).

Le PAFDIF a pour objet, la mise en place de ressources financières en vue d'accompagner les efforts d'inclusion financière de l'Etat nigérien au profit des populations à faibles revenus, des micros et très petites entreprises exclus du système de financement classique, à travers les Institutions financières du Système Financier Décentralisé. Il s’agit de permettre aux populations exclues du système bancaire classique, et celles qui sont économiquement vulnérables notamment les femmes et les jeunes d'accéder à des services financiers diversifiés, innovants, de qualité et à moindre coût.

Le Chef de la mission résidente a indiqué que la BOAD met à la disposition du Niger des ressources d’un montant de 10 milliards de FCFA. Ainsi, les financements cumulés de la Banque au Niger s’élèvent à 907,2 milliards FCFA dont 86,8% en faveur de l’Etat et ses démembrements et 13,2% au profit du secteur privé.

Il a par ailleurs évoqué les risques opérationnels qui pourraient entraver la bonne exécution du projet notamment l’éventuel déficit de rigueur dans la gestion des fonds à mettre à la disposition des institutions financières partenaires et la mauvaise interprétation des finalités du projet par les bénéficiaires de base.

Il a enfin réaffirmé la totale disponibilité de la Banque à accompagner le Gouvernement dans la mise en œuvre du Programme de la Refondation de la République 2026-2029 en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations et la réduction de la pauvreté.

Quant au Responsable pays de la BAD, en prenant la parole au nom du Président de la Banque, a relevé que ce lancement du PASTIF constitue une opération structurante au service de la transformation économique et sociale du Niger.

Il a fait un bref rappel du contexte dans lequel le projet a pris naissance, ce qui a permis l’identification de plusieurs défis. Le Niger présente un niveau d'inclusion financière relativement faible par rapport aux autres pays de l'UEMOA. C'est précisément en réponse à ces défis que le PASFIF a été conçu et approuvé en novembre 2022. Ce projet fait partie d'un portefeuille de 21 projets pour un montant total de 965 millions d'UC (soit 1,268 milliards de dollars américains).

Il a indiqué que le PASTIF poursuit un double objectif : d'une part, améliorer la mobilisation de ressources longues pour les Prestataires de Services Financiers au Niger, et d'autre part, renforcer l'inclusion financière des populations les plus vulnérables, en particulier les femmes, les jeunes et les populations rurales.

Pour atteindre ces objectifs, le projet s'articule autour de trois composantes complémentaires à savoir : (i) la première composante vise l'approfondissement du financement à long terme afin de mettre à la disposition des Prestataires de Services Financiers des ressources longues jusqu'ici insuffisamment accessibles ; (ii) la deuxième composante est dédiée au développement de l’inclusion financière numérique, en stimulant à la fois l'offre et la demande des services financiers innovants et en l'adaptant aux réalités et aux besoins des populations nigériennes et enfin (iii) la troisième composante est consacrée à la gestion et la coordination du projet.

Il a remercié l’ensemble des acteurs impliqués et réaffirmé le soutien constant de la BAD aux côtés du Gouvernement du Niger dans la mise en œuvre du Programme de le Refondation de la République. Le PASFIF est aligné sur les priorités de la Stratégie Nationale de Finance Inclusive et sur la vision de la Banque pour un développement financier intégré en Afrique.

Il a enfin émis le souhait à ce que cet atelier soit le point de départ d'une dynamique nouvelle, portée par la détermination et la responsabilité partagée de tous, au service de l’inclusion financière et du bien-être des populations nigériennes.

Dans son discours officiel de lancement, le Ministre de l’Economie et des Finances, a annoncé que c’est avec un profond sens de responsabilité qu’il prend la parole à l'occasion de cette cérémonie officielle marquant le lancement de deux initiatives majeures pour le Niger à savoir : le Projet d'Appui au Fonds de Développement de l’Inclusion financière (PAFDIF) et le Projet d'Approfondissement du Secteur Financière et de l’Inclusion Financière (PASFIF).

Le Ministre a indiqué que l'inclusion financière s'impose aujourd'hui comme un enjeu central des politiques publiques à travers le monde, et plus particulièrement dans les pays en développement. Elle constitue un levier essentiel de croissance économique, un outil puissant de réduction de la pauvreté et des inégalités, ainsi qu'un facteur déterminant de stabilité sociale.

Il a relevé qu’au Niger, cette ambition s'inscrit pleinement dans la vision des plus hautes Hautes Autorités de notre pays, sous la conduite de Son Excellence le Général d'Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l'État. Elle se traduit notamment dans le Programme de Refondation de la République, à travers le développement des bases de production pour la souveraineté alimentaire et l'accélération des réformes

Faut-il le rappeler, malgré les efforts consentis, près de 80% de population demeure encore en marge du système financier formel. Cette situation s'explique par plusieurs facteurs, notamment l'éloignement géographique, l'insuffisance de produits financiers adaptés, la faible culture financière, la pauvreté, l'analphabétisme et les contraintes technologiques a poursuivi le Ministre dans son discours.

Face à ces défis majeurs, le Gouvernement, en partenariat avec ses partenaires techniques et financiers, a engagé des actions concrètes à travers la mise en œuvre de deux projets structurants : le PAFDIF, cofinancé par l'État du Niger et la BOAD et le PASFIF, cofinancé par l'État du Niger et la BAD.

Ces projets, a relevé le Ministre, sont le fruit d'une collaboration étroite entre les pouvoirs publics, les institutions financières, les opérateurs de téléphonie mobile, les organisations de la société civile, ainsi que les associations des femmes et de jeunes.

L'objectif fondamental poursuivi est de permettre aux populations exclues du système financier classique, notamment les femmes et les jeunes, d'accéder à des services financiers diversifiés, innovants, accessibles et de qualité. Il s’agit aussi de : (i) renforcer les capacités des populations à utiliser efficacement les services financiers, (ii) encourager l'innovation dans les produits financiers, en particulier au profit des femmes et des jeunes, (iii) mettre en place un environnement réglementaire propice à une finance inclusive et durable. Ces deux projets ciblent prioritairement les jeunes, les femmes, les petites et moyennes entreprises, ainsi que les exploitants agricoles et les éleveurs.

Le Ministre a assuré que l’ambition forte partagée est celle de voir plus d'un million deux cent mille bénéficiaires, issus des couches les plus vulnérables de notre société, accéder enfin à des services financiers adaptés, sécurisés et abordables, même dans les zones les plus reculées.

Le Ministre de l’Economie et des Finances a enfin lancé un appel aux parties prenantes pour la réussite de ces projets qui repose sur leur implication effective avant d’inviter les unités de gestion des projets à faire preuve de rigueur, de professionnalisme et de célérité dans la mise en œuvre des activités pour que les résultats attendus soient à la hauteur des ambitions.

Issaka Namaya
DACD/RP/ME/F