- Les services du FMI et les autorités nigériennes sont parvenus à un accord au niveau des services du FMI sur la huitième revue du programme économique appuyé par la facilité élargie de crédit, ainsi que sur la quatrième revue du programme au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité.
- La croissance économique devrait rester solide à 6,7 % en 2026 malgré un contexte sécuritaire difficile et des chocs climatiques récurrents. Même si les perspectives à moyen terme demeurent favorables, elles sont exposées à des risques de ralentissement dus au resserrement des conditions de financement mondiales et aux tensions géopolitiques à l’œuvre.
- Les autorités nigériennes ont réaffirmé leur engagement à mener à bien le programme de réformes structurelles, notamment le déploiement progressif du compte unique du Trésor et la mise en œuvre de mesures relatives aux recettes et aux dépenses visant à dégager de l’espace budgétaire pour les dépenses de développement prioritaires.
Washington. Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Mme Izabela Karpowicz, a tenu des réunions virtuelles avec les autorités nigériennes du 9 décembre 2025 au 10 février 2026 dans le cadre de la huitième revue de l’accord appuyé par la FEC et de la quatrième revue de l’accord au titre de la FRD.
À l’issue de cette mission, Mme Karpowicz a fait la déclaration suivante :
« Les autorités nigériennes et les services du FMI ont conclu un accord au niveau des services sur la huitième revue du programme appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur la quatrième revue au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cet accord est subordonné à l’approbation du Conseil d’administration du FMI. L’achèvement de la revue de l’accord au titre de la FEC permettrait de procéder à un décaissement de 43,8228 millions de DTS (environ 61 millions de dollars) pour aider le Niger à couvrir ses besoins de financement extérieur. Quant à l’achèvement de la revue du programme appuyé par la FRD, il permettrait de décaisser 21,714 millions de DTS (environ 30 millions de dollars). La réunion correspondante du Conseil d’administration devrait avoir lieu en mars 2026.
« La croissance économique devrait rester robuste à 6,9 % en 2025 et à 6,7 % en 2026 en dépit de chocs exogènes importants. Grâce à des récoltes favorables, les prix à la consommation ont baissé de 4,6 % en 2025 ; ils devraient augmenter légèrement en 2026. Néanmoins, les prévisions sont toujours susceptibles d’être révisées à la baisse, notamment à cause de la persistance des chocs liés à la sécurité et au climat, du durcissement des conditions de financement et d’une éventuelle réduction de l’aide au développement.
« Le déficit budgétaire en 2025 devait rester globalement aligné aux objectifs du programme. En 2026, le déficit devrait se creuser temporairement à 3,7 % du PIB, ce qui s’explique par des besoins accrus de dépenses liées aux chocs climatiques, qui seront partiellement comblés à l’aide des réformes fiscales prévues. Les autorités ont identifié des mesures pour faire face aux imprévus en matière de dépenses et de recettes en cas de resserrement supplémentaire des conditions de financement. Elles restent déterminées à poursuivre une stratégie d’endettement prudente, en privilégiant le recours aux financements concessionnels et en allongeant les échéances de la dette intérieure, ce qui contribuera à atténuer les pressions sur le service de la dette et à dégager de l’espace budgétaire en faveur des dépenses prioritaires.
« Le programme appuyé par la FEC vise à renforcer la stabilité macroéconomique et à jeter les bases d’une croissance résiliente, inclusive et tirée par le secteur privé. Les résultats obtenus dans le cadre du programme ont été globalement satisfaisants au regard des objectifs à fin juin et fin septembre 2025. Aussi, les autorités ont poursuivi leurs efforts en vue d’apurer les arriérés intérieurs.
« Les autorités demeurent résolues à mettre en œuvre les réformes structurelles essentielles. Le rétablissement des comités d’arbitrage et de régulation de la commande publique, le déploiement progressif du compte unique du Trésor, ainsi que les réformes destinées à l’amélioration de la gestion des finances publiques et à la lutte contre la corruption sont essentiels pour accroître les recettes, améliorer l’efficience des dépenses et renforcer la gouvernance, la responsabilisation et la transparence. Les autorités continueront aussi d’améliorer la capacité du système bancaire à soutenir une croissance tirée par le secteur privé.
« Le financement au titre de la FRD continue d’appuyer des réformes et des investissements visant à remédier aux risques et aux facteurs de vulnérabilité liés au climat. Ces réformes sont essentielles pour renforcer la résilience et protéger les infrastructures et les moyens de subsistance. Dans le cadre de cette revue, les autorités ont achevé des évaluations des facteurs de vulnérabilité liés au climat pour des projets d’investissement public et ont encore amélioré le marquage budgétaire sensible au climat.
« La mission s’est entretenue avec le Premier ministre, M. Ali Mahamane Lamine Zeine, et a tenu des séances de travail avec le ministre de l’Économie et des Finances, M. Maman Laouali Abdou Rafa ; le conseiller spécial du gouverneur de la BCEAO, M. Franck Bationo ; le secrétaire général de la Commission bancaire, M. Antoine Traore et le directeur national de la BCEAO, M. Maman Laouali Abdou Rafa (dans le cadre de ses fonctions précédentes), ainsi qu’avec d’autres hauts fonctionnaires, des représentants du secteur privé et des partenaires pour le développement.
« L’équipe du FMI tient à remercier les autorités nigériennes pour leur coopération et pour les échanges constructifs et fructueux qui ont eu lieu pendant cette mission. »



